Le leader positif est il démago?

Le leader positif est il démago?

Le leader positif est il à ce point démago ?

Un nouveau courant managérial souffle sur le secteur des ressources humaines : le management positif. En s’appuyant sur les valeurs de confiance, de bienveillance et de cohésion, le nouveau manager libère son équipe pour la voir devenir plus soudée, pro-active,  innovante, et agile.
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Problème : une fois le manager formé au leadership positif, son retour sur le terrain ne se fait pas sans embûche. Il est souvent confronté à une équipe en résistance face à cette nouvelle posture. Rares ne sont pas ceux qui se voient qualifiés de démagogiques. Ajoutez à cela l’urgence du quotidien, on ne peut s’étonner de voir le manager rétro-pédaler pour revenir dans une posture d’ascendance hiérarchique.

Les obstacles culturels

Il faut avoir conscience, que depuis des décennies, voire des siècles, toutes les organisations, qu’elles soient publiques ou privées, se sont construites selon un schéma hiérarchique vertical. Peut-être la faute à une histoire empreinte de religion, de culture militaire… Peut-être la faute à Plaute, Hobbes ou Darwin …. En tout cas, cette verticalité est vue comme une colonne vertébrale, dont l’alignement et la droiture seraient garantes de la solidité d’une structure .


Le milieu scolaire n’a pas été en marge de ce modèle. Le rapport entre le maître et ses élèves mettait en jeu la notion de respect et d’autorité, cette autorité étant garante du bon fonctionnement de la classe. Il faut remonter dans l’Antiquité, pour se rendre compte que l’enseignement de Socrate ou Aristote se faisait sous forme de débats et d’échanges avec leurs élèves…. Peut-être pourrions nous dire qu’ils étaient des leaders positifs avant l’heure ! Nul ne pourrait remettre en cause leur autorité et la qualité de leur enseignement. Pourtant leurs élèves n’étaient pas alignés les uns derrières les autres en format « autobus » face à un tableau.

Dans l’enseignement primaire et secondaire aujourd’hui, beaucoup de choses changent. De plus en plus d’enseignants se convertissent aux pédagogies actives, de plus en plus de salles de classes sont organisées en îlots de tables pour favoriser le travail de groupe. Mais ces profs là rencontrent aussi des obstacles ! Le premier trimestre, c’est remise en question sur remise en question, que ce soit par des collègues, des élèves, ou des parents. Il faut avoir le cœur bien accroché à ses convictions pour passer la tempête du premier trimestre, le temps que les élèves se mettent dans une posture plus autonome et pro-active.

Former l’équipe autant que le manager

cohesion-equipeDans l’entreprise, il en va de même. Malheureusement, les enjeux financiers ne permettent pas de tourner un trimestre à vide. Une fois le manager formé, il faut prendre en main l’équipe et provoquer un électro-choc pour qu’elle comprenne que les anciens repères n’existent plus. Il faut rapidement faire saisir à tous, la posture qui va soutenir la nouvelle philosophie managériale, et convaincre qu’elle va aboutir à une amélioration du degré de performance.

Le théâtre d’improvisation, est parfait pour cela. Il emmène l’équipe dans un terrain éloigné du contexte professionnel : par exemple la construction d’une histoire. Les participants se rendent compte qu’une posture positive aboutit à des prises de décisions rapides, élève le degré de créativité, réduit le risque de malentendus et donc à terme de conflits.

En revenant sur le terrain professionnel, les participants gardent cet ancrage relationnel positif. Par capillarité, la posture adoptée dans le contexte théâtrale s’étend à celui du travail.

Les nécessaires piqûres de rappel

femmes leaderCependant, chassez le naturel et il revient au galop … En période agitée, ou la pression augmente et les risques s’élèvent, on a tendance à se replier dans une attitude plus figée, plus sévère et plus négative … La posture positive tend à s’étioler au cours du temps et selon les difficultés rencontrées. Il faut donc, périodiquement, telle une piqûre de rappel, aménager de nouveaux moments déconnectés, pour se remettre dans cette posture sans risque. Ainsi, elle regagnera à nouveau un peu de terrain dans le quotidien.