Accidents en mer arctique : les équipes s’entrainent à improviser

Accidents en mer arctique : les équipes s’entrainent à improviser

Les accidents maritimes en arctique

Les accidents maritimes en arctique imposent un niveau d’urgence élevé, allié à des conditions extrêmement dégradées.

Le temps de survie d’un être humain dans des eaux à basse température est restreint. Les conditions maritimes et météorologiques compliquent les opérations. De plus, les moyens de communications sont précaires, voire absents.

Enfin, ces opérations impliquent la coopération de structures publiques, privées, civiles ou militaires. Ainsi, l’alliance de ces organisations, aux fonctionnements si différents, impose une gestion des ressources humaines complexe.

Sur un accident, les équipes de sauvetage sont livrées à elle-même. Elles doivent prendre des décisions rapides, avec des informations partielles. C’est pourquoi, leur capacité à improviser est un facteur déterminant dans la réussite de telles opérations.

Gérer l'urgence en situation complexe

Quelles sont les conditions qui vont favoriser la capacité de ces équipes à gérer un tel niveau d’urgence et d’imprévus ?

Ensieh Roud, de la business school de Bodø en Norvège, a mené une série d’entretiens avec des membres des deux principales organisations en sauvetage maritime. Il s’agit des gardes côtes et du centre civil de coordination de sauvetage (JRCC). En Norvège, ces deux structures travaillent étroitement ensemble dans les opérations de sauvetage en mer.

Les répondants sélectionnés ont participé à deux exercices de sauvetage en mer arctique de grande envergure.

A l’issue de ces interviews, E Roud et son équipe ont dégagé plusieurs propositions .

des entrainements collectifs à l'improvisation

  • P1 : Des entrainements collectifs influencent positivement la capacité d’un groupe à improviser dans une situation d’urgence.
  • P2 : C’est d’autant plus crucial quand le groupe a à gérer des situations complexes.
  • P3: Les structures hybrides composées de plusieurs organisations doivent développer leur capacité à improviser en situation d’urgence.
  • P4-5-6 : La qualité de la mémoire organisationnelle, le niveau de confiance entre organisations, la qualité de la communication et des échanges d’informations, ont une influence déterminante sur la capacité d’un groupe à improviser en situation d’urgence. Ces trois dimensions sont à développer dans le cadre de training communs.

Ensieh Roud poursuit aujourd’hui ses investigations pour valider ces propositions. Mais les entrainements de groupes hybrides à l’improvisation s’avère d’une importance stratégique.

On peut donc imaginer que les entreprises auraient tout à gagner à organiser de tels entrainements, entre services, voire même avec leurs partenaires, pour gérer l’urgence et la complexité des situations auxquelles elles sont de plus en plus confrontées.

Source : Collective improvisation in emergency response, Ensieh Roud, Safety Science, Volume 135, March 2021, 105104